
ROSACEAE, DIPSACACEAE, PAPAVERACEAE, HYPERICACEAE, SOLANACEAE, CARYOPHYLLACEAE, APIACEAE, VALERIANACEAE, BORRAGINACEAE.... Comme je ne vais pas ouvrir une page pour une fleur présentée, je me suis fixée comme règle de vous montrer sur cette page, en vrac, les plantes communes (pas particulièrement caractéristiques des dunes même si je les ai vues dans le Westhoek) qui n'ont ici pas plus de trois autres représentants de la même famille.
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Rosaceae
Signalée comme plante commune, elle est fort rare dans nos dunes.
Elle soignait l'asthme et autres affections respiratoires et venait à bout de plaies tenaces 
Celle-ci a été dégustée avec beaucoup de plaisir par un des chevaux "konik" de la réserve, juste après avoir été fixée sur la carte mémoire de mon appareil photo! Pas d'autre plant en vue!
Renonculaceae

Elle se conjugue en blanc, rose, violet, pourpre, bleu, bicolore, fleur simple, double, triple, quadruple...
Appréciée dans les jardins, il 'agit néanmoins d'une plante des sous-bois, aimant l'ombre et les sols frais bien drainés... mais que fait-elle dans le Westhoek, car on l'y trouve régulièrement, le long d'un chemin très féquenté, pas loin de l'entrée de la réserve...
Elle n'est pas dans son biotope, on ne la rencontre pas tous les ans et toujours sur un bord de chemin... un touriste facétieux a sans doute décidé d'ajouter sa touche personnelle à la bio-diversité des dunes... mais ses efforts ne sont pas couronnés de succès ! La plante accepte de fleurir une année mais les graines produites ne fournissent aucun plant l'année suivante. La nature a ses lois et si le terrain ne lui convient pas, la plante ne se propagera pas. Notre touriste aura au moins pris une leçon d'écologie. D'autres ont joué avec le feu partout dans le monde en introduisant des espèces exotiques, les conséquence en sont parfois dramatiques! (Proche de nous, la balsamine de l'himalaya et la renouée du Japon, deux envahisseurs "échappés de jardins")
Sa fleur est splendide, et ce n'est pas la seule qualité de la plante: ses feuilles sont un antiseptique puissant.
Elle fait aussi le bonheur des limaces et escargots!

Dipsacaceae
Assez rare dans non dunes (en fait, elle préfère les sols argileux!) on en trouve quelques plants autour du Nachtegaal.
Elle est bisannuelle, la deuxième année, les feuilles de la rosace jaunissent et disparaissent assez vite.
Elle se nomme aussi "cabaret des oiseaux", en référence à la forme de ses feuilles qui entourent la tige à la base, formant une sorte de bol qui retient l'eau de pluie. Les oiseaux viennent s'y abreuver et les insectes viennent s'y noyer. La plante secrète une substance qui va digérer ces insectes ce qui lui fournit un complément alimentaire.
Les fleurs bleues se développent en cercles en partant de la base, un anneau de fleurs épanouies marque au long de la saison la frontière entre les fleurs en devenir et les fleurs fannées
Sa tête florale sèchée était utilisée pour carder la laine, encore au début du 20ème siècle. Les têtes étaient enfilées sur des sortes de brochettes, elles même fixées à chaque extrémité sur des disques. On obtenait ainsi un cylindre hérissé de pointes, apte à démèler les poils du mouton (carder la laine)... Restait à filer la laine cardée, la teinter et à la tricoter pour obtenir un pull ...
Fumariaceae
Il existe plusieurs sortes de fumeterre très difficile à différencier. Un petit détail de la fleur me fait écrire qu'il s'agit ici de Fumaria bastardii ... sans garantie... si vous avez une autre idée...
Elle n'est pas fréquente ici; plutôt présente dans les polders et ses champs cultivés que dans les dunes mais ... elle est si jolie, si étonnante. Son feuillage léger qui vibre au vent et au soleil donne l'impression de flotter au dessus du sol, caractéristique qui lui a valu son nom!
La pharmacopée lui réserve une belle place : elle soigne le foie, les affections respiratoires, certains problèmes de peau (eczéma, acné, urticaire), l'obésité, l'artériosclérose, la conjonctivite. ..
On l'utilise sous forme d'infusion, de lotion, de compresses, de bain occulaire...

L'encyclopédia universalis nous dit :
Simple très populaire, déjà prescrite en cholagogue dans l'Antiquité, la fumeterre (Fumaria officinalis L. ; fumariacées) renferme un alcaloïde, la fumarine, et un acide, dit acide fumarique, associés à du tanin, à des sucres, à des sels de potassium. La fumarine est toxique et curarisante à haute dose, stimulante à très faible dose. La plante, employée entière sans la racine, est une dépurative de valeur, également diurétique et tonique. Sa cure provoque, pendant les huit ou dix premiers jours, une augmentation sensible du nombre des globules rouges, nombre qui régresse ensuite, tandis qu'il se produit une baisse du tonus général. Il est donc nécessaire, dans l'usage tonique-dépuratif, d'alterner cures de huit jours et périodes de repos de dix jours. Elle s'indique utilement dans les insuffisances digestive et hépatique, l'ictère, les engorgements des glandes abdominales, les états scrofuleux, l'aménorrhée, la dysménorrhée. L'infusion (50 g/l) est fort amère et s'emploie à la dose de 2 ou 3 tasses par jour ; à dose plus forte, la fumeterre est calmante, hyposthénisante, et s'indique dans l'artériosclérose (suc frais : 100 à 150 g par jour).
Hypericaceae
Plante très commune, des sols neutres ou calcaires, elle se rencontre sur des dunes déjà colonisées par des plantes communes. Les feuilles, vues par transparence, sont parsemées de "trous" minuscules (pertuis=trous). Ce sont en fait de petites glandes translucides contenant des huiles essentielles.
Appelée aussi "herbe aux brulûres" elle entrait dans la composition de baumes contre brulûres, ulcères, ... soignait la sciatique et les inflammations chroniques.
Caryophyllaceae
Variable en taille et taille des feuilles, elle s'adapte au biotope.
De la plage de galets au dépot d'ordures, à l'ombre des bois ou dans les cultures, en passant par nos dunes, on la trouve partout!
Et elle résiste aux herbicides courants...
Ses fleurs mesurent de 8 à 10 mm, ses feuilles sont de taille assez variable mais les feuilles de la base ont un pétiole assez long.
Si vous en trouvez aux fleurs de 4 à 5 mm, où toutes les feuilles ont un pétiole court, sur sol leger et sablonneux, il s'agit sans doute de "Stellaria pallida", une espèce proche.
Apiaceae
Cultivée comme légume jusqu'au 18ème siècle. On lui préfère la carotte depuis le 11ème siècle. Ce légume du pauvre dont le nom latin souligne pourtant ses qualités gustatives (Pastinaca sativa) a survécu depuis à l'état sauvage. Servez-vous dans la nature, c'est gratuit!
Il revient à l'honneur à la faveur du courrant actuel qui refuse la malbouffe, fast-food uniformisée monotone. Consultez ce site par exemple pour redécouvrir ce légume.
Amaryllidaceae
Généralement signalée comme assez rare... mais ce renseignement ne semble plus d'actualité. Cette petite merveille de la nature qui, comme son nom l'indique, n'attend pas la fonte des neiges pour accueillir le timide soleil de février a ému nos coeur. Elle fleurit autant dans nos bois que dans nos jardins!
Plante à bulbe, monocotylédone donc, (et puisque vous êtes sur internet, allez donc faire une recherche pour trouver ce que cela signifie!) sa fleur (12 à 25 mm) ne possède que trois pétales.
Malgré toute la poésie qu'elle dégage, méfiez vous, elle est toxique! Utilisé toutefois en médecine, le bulbe cru a des propriétés vomitives.

Polygonaceae
Son nom latin : Persicaria maculata, nous signale que les taches foncées qui ornent ses feuilles rend toute confusion impossible.
Un sol nu, bien irrigué, est son terrain de prédilection. Mais voyez ici, le sol est loin d'être nu et d'autre part, c'est une hôte fréquente des quais de chemin de fer... elle semble donc particulièrement adaptable. Incontournable, elle reste malgré tout discrête. Elle n'est pas très haute et dès que la végétation environnante la recouvre, elle disparait.
Elle fait partie de la famille du sarrasin et des renouées, dont la trop célèbre renouée du Japon, une "échappée de jardin" vraiment envahissante.


Valerianaceae
Cas de conscience, où classer cette plante ? ... elle est loin d'être caractéristique des dunes mais n'est pas vraiment commune ailleurs.
Hôte des sols humides et calcaires, elle est représentée dans nos dunes par quelques plants très discrets.
"Valere" en latin signifie "être en bonne santé". Au Moyen-Âge, c'était l'herbe « de tous les maux »
Elle contient plusieurs principes actifs dans le traitement de palpitations, anxiété, épilepsie, stress...
Au cours des deux dernières guerres elle a été utilisée pour faire face aux traumatismes nerveux occasionnés par les horreurs.
Son odeur est très particulière et plait aux ... chats!

Boraginaceae

Plante bisannuelle (ou vivace) des sols secs, rocalleux, sableux... friches et bord de chemin, bref, vous la trouverez un peu partout.
La médecine se basait autrefois sur la théorie des "signatures" pour associer plantes et maladies à soigner. Son style est bifide comme une langue de vipère (d'accord, cela ne se voit pas sur la photo...j'en ferai une autre, promis). Cela indiquait son efficacité dans les soins de morsures de serpent...
Ses racines étaient utilisées (avec plus d'efficacité!) pour fabriquer de la teinture rouge.
Certains lui attribuent des qualités culinaires puisqu'ils proposent de la manger en salade.
Beaucoup de fleurs peuvent comme les animaux se différencier de leurs congénaires par leur couleur parfaitement blanche. La plante entière ne survivrait pas à une telle mutation car la chlorophylle verte lui est indispensable. Voici donc la surprise offerte au détour d'un chemin, une vipérine "alba" (blanc en latin). Vous distinguez facilement le pistil en forme de langue de serpent...