
Quand perle sa rosée en goutte riche et tendre,
Le fruit rouge, en ma main qui le presse un peu fort,
Me stimule encore plus tout en venant se tendre
Vers ma bouche gourmande où l'attend un doux sort.
Aspiré sans vergogne, il trouve bien sa place
Dans ma gorge profonde, avec empressement,
Car ce fourreau soyeux est loin d'être de glace :
Il prise ses assauts au moindre glissement.
Raidi par ton désir et par ma langue experte
Il a pris de l'ampleur ; c'est le fruit tropical
Dont la taille étourdit par sa mesure offerte
En comblant un banquet... tel un dessert royal !
Allant, venant, d'ivresse il inflige à mes lèvres
Un rythme plus rapide et, déjà, l'avant-goût
De cette quintessence - affluant par mes fièvres -
Qu'il me délivrera me grise plus que tout.
Les remous de sa sève élèvent leur cantique.
Mais, voulant savourer encore un peu le jonc,
Je retarde son flux d'une habile pratique,
Juste avant que, d'émoi, n'explose son bourgeon.
La passion l'emporte, alors d'un bel entrain
Je suce goulûment ce fruit qui me rend folle
Pour recueillir son flot robuste, souverain,
Sur mes papilles où leur seul sens en raffole
Au verger de l'amour où, simplement, je t'aime
Toute pleine de toi, ma bouche aspire encore
Les ultimes frissons de l'infini plaisir
Te laissant palpitant, dont la sève décore,
D'une perle opaline évoquant ton désir
Que je viens d'apaiser, cette hampe inouïe
Offerte, insatiable, où chante ton d'ardeur,
Dont les élans d'amour, me laissent éblouie !
Tu prises ma caresse et, sans nulle tiédeur,
Soyeuse, délicate, en te comblant sans fin,
Ma langue douce, chaude, apprécie, amoureuse,
De goûter ton offrande... assouvissant ma faim,
Et ton bel appétit, pour en jouir, heureuse !
Quand, à peine repu, je brûle ta toison
D'un de ces longs baisers dont tu chéris la force,
Débordant d'allégresse, heureuse, en pâmoison,
Tu laisses tes émois bouillir sous ton écorce...
Ardente et réceptive au moindre attouchement
De mes mains sur ton corps vibrant à ces délices.
Je connais ton attrait pour cet abouchement
Te donnant le vertige, offrant tous les prémices
D'un spasme en demi-teinte avant la jouissance,
Que tu sais retarder... pour mieux la ressentir
Lorsque, avec de doux cris, tu lui donnes naissance.
Alors, pour ce chant là, je veux tout consentir !
Dans ses replis de soie, avec quelque rudesse,
J'aime absorber le suc issu de ton désir
Lorsque ta fleur sauvage, offerte à mon plaisir,
Libère son arôme avec délicatesse.
Écartant sa corolle aux pétales ardents
Elle devient la coupe où boire, insatiable,
- Faisant vibrer ton corps d'un chant inoubliable -
Ta grande jouissance, en longs traits transcendants,
Impudique et goulue, avidement ma langue
N'ignore nul recoin de ton mont de Vénus
Dont je sais les secrets, ô ma fleur de Lotus,
Car au mien tout pareil, sous son exquise gangue.
Tes mains dans mes cheveux me griffent par amour
Au rythme de tes cris sous mes ardeurs plus vives;
Puis pleines de douceur, en étreintes furtives,
Câlines sur ma tête, elles sont, en retour.
C'est à ce moment là que je te sens rompue,
Ivre de ma caresse, excitant mon honneur.
Alors, soupirant d'aise et saoule de bonheur
Entre tes bras aimants je me glisse, repue.
