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Benoit Rouer Préférences

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Le Christ aux Oliviers (extrait)

Mon cerveau qui n'est qu'une gourde
Avec tout ce qui le nourrit
Devrait vouloir des oiseaux (Voyager?)

Mais je ne veux plus voyager
Et pour savoir qui je suis je regarde
Mon pied coloré.

Alors je bats la mesure des jours qui s'égrènent
Là, songeant à là où ils m'emportent et songeant :
Suis-je une main? Suis-je un doigt?
Je songe à là où ils m'entraînent.

Commencer, finir : non, c'est vivre encore un peu,
Et jusqu'à la saison prochaine, O Bonheur!
Naviguer sur ton hélice!

De ce tombeau réveillé, il me restera quelques fleurs,
Pâquerêttes, dalhias, - ou roses?
De boucles rouges, de boucles roses :
Ce n'est pas rien qu'où je meure elles fleurissent!

Je ne suis pas un maître mot qui bascule
J'ai cherché comme un enfant - et la brume
Me secoue comme lui : l'oiseau
Dont l'angoisse tourne autour des rennes

Que faire alors lorsqu'elle vous guette, l'Oppression créatrice?
Depuis Elle, tourments,
Usure, on s'est enfoncé.

Puisse-tu vivre alors, puisse-tu vivre enfin
Une seule chose : apaisement, c'est le mot que je cherche,
La couverture que l'on tire à son cou.

Mais qui orne? Qui plante? Est-ce
Un génie malfaisant, - bienfaisant?
Ici même et lorsqu'il s'ennuie,
Que faire en outre qu'il soit si féminin?

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