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La poésie ne sert à rien

Et maintenant que se sont enfuis de ces pages ceux pour qui toute chose intellectuelle doit avoir un intérêt pratique, nous resterons entre Persans.

Comment peut-on être persan ? En s'allongeant sur un divan de brocart dans une pièce à ogives parfumée au jasmin, en fumant le narguilé, et en écoutant, venue de derrière un rideau pâle, une voix réciter des poèmes du "Jardin des roses".

Ah, ça n'est pas avec la poésie qu'on devient consultant. Ni citoyen. Si la poésie n'a aucune utilité pratique, elle n'a pas non plus d'utilité morale. Une rose est-elle républicaine ou monarchiste, espagnole ou patagonienne, vertueuse ou vicieuse ? Devise de la poésie: une rose est une rose.

Si le roman est fait de tendons et de muscles, la poésie est de l'os. Elle enlève beaucoup de choses à ce qu'elle pourrait contenir. Je dirais même qu'elle est la suppression du principal. Elle enlève le fait, l'acte, pour ne laisser que l'écho, l'image.

La poésie est précise. Elle n'est pas du tout de l'ordre de l'"âme". Quand on rencontre ce mot dans un poème, ou "quintessence", ou encore, "ineffable", on peut être certain que c'est un poème malhonnête. Ou niais. La poésie sûre d'elle-même n'utilise pas de mots vagues et intimidants, ne cherche pas à mystifier,à épater, à étourdir. La poésie n'est pas de l'hymne. Loin d'enfumer la connaissance, elle la perfectionne. La poésie sert à mieux voir, et plus vite.

Charmer n'est pas son but. Elle peut charmer, mais c'est une conséquence de sa réussite, et la réussite de la poésie consiste à créer ou à évoquer des images par un rythme. La poésie est une muette qui peint en marmonnant.

Charles Dantzig, Pourquoi il faut lire les poètes (extraits).

Une histoire d'amour

Il était une fois une île où tous les sentiments vivaient.
Le bonheur, la tristesse, le savoir ainsi que tous les autres y compris l'amour.

Un jour, on annonça aux sentiments que l'île allait couler.
Ils préparèrent donc tous leur bateaux et partirent.
Seul l'amour resta car l'amour voulait rester jusqu'au dernier moment.

Quand il fut sous le point de sombrer, l'amour décida d'appeler à l'aide la richesse qui passait à côté dans un somptueux bateau.
L'amour dit à la richesse : « tu peux m'emmener ? »
Non parce qu'il y a beaucoup d'argent et d'or sur mon bateau, je n'ai pas de place pour toi.

L'amour demanda alors à l'orgueil qui passait dans un vaisseau : orgueil, aide-moi, je t'en prie ».
Je ne puis t'aider, amour, tu es tout mouillé et tu pourrais endommager mon bateau.

La tristesse étant à côté, l'amour lui demanda : « laisse-moi venir ».
Ooh amour, je suis tellement triste que j'ai besoin d'être seule.

Le bonheur passa à côté de l'amour mais il était tellement heureux qu'il n'entendit pas l'amour appeler.

Soudain une voix dit : « Viens amour, je te prends avec moi ».
C'était un vieillard qui parlait.
L'amour se sentit si reconnaissant et plein de joie qu'il en oublia de demander son nom au vieillard.
Lorsqu'ils arrivèrent sur la terre ferme, le vieillard s'en alla.

L'amour réalisa combien il lui devait et demanda au savoir qui l'avait ainsi aidé ?
Le savoir répondit : « le temps ».
«Mais pourquoi le temps m'a-t-il aidé ? » demanda l'amour.
Le savoir sourit et plein de sagesse répondit :
« parce que seul le temps est capable de comprendre combien l'amour est important dans la vie ».

Les gens qui aiment les chats

Livre

Les gens qui aiment les chats évitent les rapports de force. Ils répugnent à donner des ordres et craignent ceux qui élèvent la voix, qui osent faire des scandales. Ils rêvent d'un monde tranquille et doux où tous vivraient harmonieusement ensemble. Ils voudraient être ce qu'ils sont sans que personne ne leur reproche rien.

Les gens qui aiment les chats sont habiles à fuir les conflits et se défendent fort mal quand on les agresse. Ils préfèrent se taire, quitte à paraître lâches. Ils ont tendance au repli sur soi, à la dévotion. Ils sont fidèles à des rêves d'enfant qu'ils n' osent dire à personne. Ils n'ont pas du tout peur du silence. Ils ne s'arrangent pas trop mal avec le temps qui passe, leur songe intérieur estompe les repères, arrondit les angles des années.

Les gens qui aiment les chats adorent cette indépendance qu'ils ont, car cela garantit leur propre liberté. Ils ne supportent pas les entraves ni pour eux-mêmes ni pour les autres. Ils ont cet orgueil de vouloir être choisis chaque jour par ceux qui les aiment et qui pourraient partir librement, sans porte fermée, sans laisse, sans marchandage. Et rêvent bien sûr que l'amour aille de soi, sans effort, et qu'on ne les quitte jamais. Ils ne veulent pas obtenir les choses par force et voudraient que tout soit donné.

Les gens qui aiment les chats, avec infiniment de respect et de tendresse, auraient envie d'être aimés de la même manière -qu'on les trouve beaux et doux, toujours, qu'on les caresse souvent, qu'on les prenne tels qu'ils sont, avec leur paresse, leur égoïsme, et que leur seule présence soit un cadeau.

Dans le doute de pouvoir obtenir pour eux-mêmes un tel amour, ils le donnent aux chats. Ainsi cela existe. Ça console.

Les gens qui aiment les chats font une confiance parfois excessive à l'intuition. L'instinct prime la réflexion. Ils sont portés vers l'irrationnel, les sciences occultes. Ils mettent au-dessus de tout l'individu et ses dons personnels et sont assez peu enclins à la politique. Les tendances générales, les grands courants, les mouvements d'opinion, les embrasements de foule les laissent aussi circonspects que leur animal devant un plat douteux. Et si leur conviction les pousse à s'engager, une part d'eux-mêmes reste toujours observatrice, prête au repli dans son territoire intime et idéaliste, toujours à la frange, comme leurs compagnons, d'un pacte avec la société et d'un retour vers une vie sauvage dans l'imaginaire.

Les gens qui aiment les chats sont souvent frileux. Ils ont grand besoin d'être consolés. De tout. Ils font semblant d'être adultes et gardent secrètement une envie de ne pas grandir. Ils préservent jalousement leur enfance et s'y réfugient en secret derrière leurs paupières mi-closes, un chat sur les genoux.

Anny Duperey

Lâcher-prise

Lâcher prise, ce n'est pas se montrer indifférent, mais simplement admettre que l'on ne peut agir à la place de quelqu'un d'autre.
Lâcher-prise, ce n'est pas couper les liens, mais prendre conscience que l'on ne peut contrôler autrui.
Lâcher-prise, ce n'est pas être passif, mais au contraire tirer une leçon des conséquences inhérentes à un événement.
Lâcher-prise, ce n'est pas reconnaître son impuissance, c'est avoir l'assurance que le résultat final est entre d'autres Mains.
Lâcher-prise, c'est ne plus blâmer ou vouloir changer autrui, et donner le meilleur de soi-même.
Lâcher-prise, ce n'est pas prendre soin des autres en faisant preuve d'une totale abnégation, mais se sentir concerné par eux.
Lâcher-prise, c'est ne pas assister, mais encourager.
Lâcher-prise, c'est ne pas juger, et accorder à autrui le droit d'être humain.
Lâcher-prise, c'est ne pas s'occuper de tout ce qui arrive, et laisser les autres gérer leur propre destin.
Lâcher-prise, c'est ne pas materner les autres, et leur permettre d'affronter la réalité.
Lâcher-prise, ce n'est pas rejeter, c'est au contraire accepter.
Lâcher-prise, c'est ne pas harceler, reprocher, sermonner ou gronder, et tenter de déceler ses propres faiblesses et de s'en défaire.
Lâcher-prise, c'est ne pas vouloir sans cesse adapter les choses à ses propres désirs, et prendre chaque jour comme il vient et l'apprécier.
Lâcher-prise, c'est ne pas critiquer ou corriger autrui, mais devenir chaque jour plus pleinement ce que l'on est profondément.
Lâcher-prise, c'est ne pas regretter le passé, et vivre et grandir dans le présent pour l'avenir.
Lâcher-prise, c'est craindre moins et aimer davantage.

Le bonheur

On se persuade souvent soi-même que la vie sera meilleure après s'être marié(e), après avoir eu un enfant et, ensuite, après en avoir eu un autre.

Plus tard, on se sent frustré(e) parce que nos enfants ne sont pas encore assez grands, on pense que l'on sera mieux quand ils le seront.

Puis, on se frustre parce qu'ils sont adolescents et que c'est une étape difficile à vivre pour nous. On est alors convaincu(e) que l'on sera plus heureux quand ils auront passé cette étape.

On se dit que notre vie sera complète quand les choses iront mieux pour notre conjoint(e), quand on possèdera une meilleure voiture ou une plus grande maison, quand on pourra aller en vacances, quand on sera à la retraite ...

La vérité est qu'il n'y a pas de meilleur moment pour être heureux que le moment présent. Si ce n'est pas maintenant, ce sera quand ?

Ta vie sera toujours pleine de défis à atteindre et de projets à terminer. Il est préférable de l'admettre et de décider d'être heureux de toute façon.

Une de mes phrases favorites est d'Alfred D. Souza. Il a dit : "Pendant longtemps, j'ai pensé que ma vie allait enfin commencer. La Vraie Vie! Mais il y avait toujours un obstacle sur le chemin, quelque chose qu'il fallait résoudre en premier, un thème non terminé, un temps à passer, une dette à payer. Et alors là, la vie allait commencer! jusqu'à ce que je me rende compte que ces obstacles étaient justement ma vie"

Cette perspective m'a aidé à comprendre qu'il n'y a pas un chemin qui mène au bonheur. Le bonheur est le chemin. Ainsi, amasse chaque moment que tu as et, plus encore, partage ce moment avec quelqu'un de spécial, suffisamment spécial pour partager ton temps, et rappelle-toi que le temps n'attend pas.

Le bonheur est une trajectoire et non une destination. Alors: Travaille comme si tu n'avais pas besoin d'argent, aime comme si jamais personne ne t'avait fait souffrir. Et danse comme si personne ne te regardait !!! Vis, tout simplement ...

J'ai appris

J'ai appris que l'on ne doit pas se comparer à ce que les autres font de mieux, mais plutôt à ce que je peux faire le mieux.
J'ai appris que l'on peut faire des choses en un bref instant qui nous briseront le coeur pour toute la vie.
J'ai appris que l'on doit quitter ceux qu'on aime avec des mots d'amour. Car ce pourrait être la dernière fois qu'on les voit.
J'ai appris qu'il faut contrôler son attitude, car sinon, c'est elle qui nous contrôlera.
J'ai appris que la maturité a davantage à voir avec les expériences de vie et avec ce que l'on a retiré de celles-ci, plutôt qu'avec le nombre d'anniversaires de naissance que l'on a pu célébrer.
J'ai appris que peu importe à quel point une passion amoureuse a pu être torride à ses débuts, cette passion s'amenuise et il vaut mieux que la relation ait d'autres qualités, pour combler la passion envolée.
J'ai appris que, peu importe à quel point notre coeur est brisé, le monde continue de tourner malgré notre peine.
J'ai appris que bien que le mot "amour" ait plusieurs sens, il perd toutefois de sa valeur quand il est trop utilisé.
J'ai appris que l'on ne peut faire en sorte que quelqu'un nous aime. Tout ce qu'on peut faire, c'est d'essayer d'être quelqu'un que l'on puisse aimer. Le reste appartient aux autres.
J'ai appris que ça prend des années pour établir une relation de confiance et seulement quelques secondes pour la détruire.
J'ai appris que des gens peuvent nous aimer profondément, mais sans savoir comment nous le montrer.
J'ai appris que les personnes qui sont honnêtes avec elles-mêmes, sans égard aux conséquences, vont plus loin dans la Vie.

La carotte, l'oeuf et le café

Une jeune femme va chez sa mère et lui dit que sa vie est tellement difficile qu'elle ne sait pas si elle peut continuer. Elle veut abandonner, elle est fatiguée de se battre tout le temps. Il semble qu'aussitôt qu'un problème est réglé, un autre apparaît.

Sa mère l'amena dans la cuisine. Elle remplit trois chaudrons d'eau et les place chacun sur la cuisinière à feu élevé. Bientôt, l'eau commence à bouillir.

Dans le premier chaudron, elle place des carottes, dans le deuxième, elle met des oeufs et dans le troisième, elle met des grains de café moulus. Elle les laisse bouillir sur le feu sans dire un mot. Après
20 minutes, elle retourne à la cuisinière. Elle sort les carottes et les place dans un bol. Elle sort les oeufs et les place dans un bol. Puis, elle verse le café dans une carafe.

Se tournant vers sa fille, elle dit : "Dis-moi, que vois-tu?"

"Des carottes, des oeufs et du café", répondit sa fille.

La femme l'amena plus près et lui demanda de toucher les carottes. La fille leur toucha et nota qu'elles étaient toutes molles et souples. La mère lui demanda alors de prendre un oeuf et de le briser. La fille
enleva la coquille d'un oeuf et observa qu'il était cuit dur. Finalement, la mère lui demande de goûter au café. La fille sourit comme elle goûtait son arôme riche.

La fille demanda alors, "Qu'est-ce que ça veut dire maman?"

Sa mère lui expliqua que chaque objet avait fait face à la même eau bouillante, mais que chacun avait réagi différemment.

La carotte y est entrée forte, dure et solide. Mais après être passée dans l'eau bouillante, elle a ramolli et est devenue faible.

L'oeuf était fragile avec l'intérieur fluide. Mais après être passé dans l'eau bouillante, son intérieur est devenu dur.

Quant aux grains de café, eux, ont réagi de façon unique. Après avoir été dans l'eau bouillante, ils ont changé l'eau.

"Lequel es-tu?", demanda la mère à sa fille. "Lorsque l'adversité frappe à ta porte, comment réponds-tu? Es-tu une carotte, un oeuf ou un grain de café?"

Suis-je la carotte qui semble forte, mais qui dans la douleur et l'adversité devient molle et perd sa force?

Suis-je un oeuf qui commence avec un coeur malléable, mais change avec les problèmes? Ais-je un esprit fluide qui devient dur et inflexible dans la douleur? Est-ce que ma coquille ne change pas, mais mon intérieur devient encore plus dur?

Ou suis-je comme un grain de café? Le grain change l'eau, il change la source de sa douleur. Lorsque l'eau devient chaude, il relâche sa fragrance et sa saveur. Si tu es comme un grain de café, tu deviens meilleure et change la situation autour de toi lorsque les choses en sont à leur pire.

Comment fais-tu face à l'adversité? Comme une carotte, un oeuf ou un grain de café?

Soyez fort lorsque la vie essaie d'avoir raison de vous.

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